14/02/2007

HOW I FUCKED MY POLLYPOCKET (et voilà le travail !)

par Friduchita M.


   Un grondement sourd à peine rythmé par les pas de François L'embrouille embrumait Quaregnon. Celui-ci se mit à chanter doucement, puis de plus en plus fort, mais cessa de peur d'être ridicule. Il leva la tête, rêveur, et observa les nuages... celui-ci ressemblait à une rose. Celui-là à un coeur... Plus vite qu'il ne l'aurait pensé, il se retrouva devant la porte.

   Timidement, il frappa trois petits coups. Comme rien ne se passait, il allait insister lorsque la porte s'ouvrit sur Ségolène. Elle était plus diabolique que jamais, et gratifia François L'embrouille de ce sourire si magique dont elle avait le secret.
   - Entre, lui dit-elle.
   François L'embrouille pénétra dans la salle à manger avant de se laisser choir dans un fauteuil. Il leva la tête vers Ségolène, et lui sourit.
   - Tu vas bien?
   - Embrasse-moi immédiatement. Ordonna-t-elle.
   François L'embrouille, prit au dépourvu, voulut comprendre, mais son amie ne lui en laissa pas le temps puisqu'elle se jeta sur lui et l'embrassa langoureusement. Lorsqu'elle se redressa, François L'embrouille vit ses yeux qui brillaient. Alors, sans mot dire, il se pencha vers elle, et à son tour, posa ses lèvres sur les siennes. Pour la seconde fois de leur histoire, donc, ils s'embrassèrent. Après avoir repris ses esprits, François L'embrouille lança:
   - Tu sais, je...
   - Chut... fit Ségolène.
   - Je...
   - Il n'y a pas de mots...
   - Si...
   - Non...
   - Si... je t'aime, Ségolène.
   Celle-ci fut prise d'un sanglot:
   - C'est vrai? Oh... moi... moi aussi mon amour!  
   - Ça y est... cela fait déjà un an... cela fait une année, une année que la foudre m'a frappé... cela fait un an que nous nous sommes rencontrés. Et j'ai toujours su que c'était toi l'amour de ma vie. Et ce, malgré mes aventures passées.
   - Voyons... tu vas me faire rougir, murmura Ségolène.
   - Pourquoi? S'écria-t-il. Tu es la personne la plus perverse que je n'ai jamais connue! La plus perverse de tout Quaregnon! Les gens ne t'arrivent pas à la cheville.
   - Mais et toi, tu es si bedonnant...
   - Cela n'est rien à côté de toi. Lorsque je t'embrasse, j'ai l'impression que je m'envole. Quand je te quitte, j'ai l'impression que mon coeur se fait piétiner par un féroce varan de Comodo, ou transpercer par mille lances empoisonnées.
   - Mais toi aussi, François L'embrouille, tu as beaucoup de qualités...
   - Embrassons-nous encore... souffla François L'embrouille.
   Ils s'embrassèrent donc. Au loin, on entendait ''La Chenille'' de Hervé Villard. D'où cela venait-il? Quelle importance, du moment que c'était là. Bientôt, la musique, l'amour, les entraînèrent dans un tourbillon sans fin. Il n'y avait plus de plafond, plus de mur. Quaregnon était loin. Ils virent passer un baobab, au dessous d'eux. Puis deux. Maintenant, ils étaient sur la mer. Ils frissonnèrent... était-ce le vent qui s'était levé et qui faisait frémir un peu leur peau? Quelques nuages voilèrent le ciel. A mesure que les notes s'envolaient, la musique devenait de plus en plus belle, et le ciel de plus en plus gris. On se serait cru dans un tableau de Botero. Des larmes de joie dans la voix, la musique jouait. Quelques gouttelettes de pluie vinrent alors troubler cet océan, tels des pizzicatos que le vent sifflant emportait au loin avant de les renvoyer à la figure des amoureux. Après quelques instants les gouttes grossirent, s'écrasant lourdement sur la surface de l'eau. Ségolène, que la folie saisissait, se voyait déféquer au milieu des éclairs... Plus la musique jouait plus le temps s'agitait, plus le ciel s'assombrissait, plus les vagues grandissaient, se brisant bientôt contre leurs pieds dans une explosion d'écume crépitante, poussées par des bourrasques assassines... leur baiser dansait sur cet air tourmenté, cet océan symphonique, cet opéra dramatique, les vagues étaient à présent immenses et la pluie tranchait le ciel plus sombre que la plus noire des nuits, c'était affreusement grand et terriblement beau, si beau que ça faisait mal, la musique hurlait sa douleur, de plus en plus fort, les notes tourbillonnaient, le vent devenait tornade, les vagues devenaient rouleaux, les amants tournoyaient, autour de leurs bouches, autour de leurs mains... et tout s'arrêta soudain.
   - Marions-nous...
   - Pourquoi n'est-ce pas déjà fait?
   Ils rirent. Ils étaient heureux.
   Ils restèrent ainsi toute la nuit à se regarder dans le blanc des yeux. Parfois, ils s'embrassaient. Parfois, ils parlaient.
   - Ne me quitte jamais, disait François L'embrouille.
   - Je ne te quitterai jamais. Tu es bien trop chauve pour que je te quitte, répondait Ségolène. Tu es l'opposé de la bêtise, de la brutalité... tu vaux bien plus que ce rustre de Garfield. Je ne sais pas comment j'ai fait pour lui trouver du charme.
   Et ils s'embrassaient. Puis ils s'embrassaient une nouvelle fois.

   Puis ils se promirent de s'aimer éternellement, et l'éternité commença pour eux.

 

11:11 Écrit par Friduchita dans les deux vies de Frida | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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